Dommage quel beau match, sans être chauvine il méritait de gagner notre petit français!! Rafael Nadal est venu à bout de Paul-Henri Mathieu au terme de quatre manches acharnées de presque 5 heures.
Il a fallu 4h53 d'un combat splendide pour que le tenant du titre, tête de série numéro 2, obtienne sa qualification pour les huitièmes de finale. Le Majorquin s'impose 5-7 6-4 6-4 6-4. Il rencontrera au prochain tour Lleyton Hewitt pour une nouvelle grande bataille en perspective. Mathieu peut lui pleurer ses occasions perdues.
Grégory JOUIN
Publié le 03/06 à 21:06
Que faut-il faire pour battre Rafael Nadal ? Paul-Henri Mathieu, peut-être auteur de son meilleur match à Roland-Garros, a pourtant échoué face au roi de la terre. Comme en 2002 contre Agassi ou en 2005 contre Canas, PHM n'est pas passé loin mais il a dû baisser pavillon devant la réussite insolente et le talent (avec un grand T) du tenant du titre.
Le premier set, d'une durée totale de 1h33, est une pure merveille, à montrer dans les écoles de tennis. Mathieu et Nadal se rendent coup pour coup, se ravissent leurs services lors des quatre premiers jeu et rivalisent en puissance. Les points gagnants se succèdent des deux côtés et le public s'enthousiasme devant ce spectacle de haute intensité. La manche tombe dans l'escarcelle de l'Alsacien sur quelques prises de risques au moment idéal (7-5).
Le second set repart sur les même bases que le premier. Le Majorquin maintient cependant mieux son niveau de jeu que "Paulo" ce qui lui vaut de prendre l'engagement adverse à deux reprises (contre une seule au Français). Accentuant la pression sur le revers de Mathieu, Nadal réussit à faire craquer son rival lors de deux ou trois rallyes de fond de court impressionnants. Sur quelques coups de raquette mieux négociés, "Cochise" égalise à un set partout (6-4).
Au troisième acte, l'Espagnol semble prendre le dessus. Mathieu paraît marqué physiquement et Nadal hausse encore son niveau de jeu. Alternant lifts sur le revers de son adversaire et attaques de coup doit (cours croisé dans le carré de service - une merveille- ou profond dans l'angle), le jeune homme (il n'est plus adolescent puisqu'il vient de fêter ses 20 ans ce samedi) semble s'envoler vers la victoire (6-4).
C'est mal connaître Paul-Henri Mathieu qui se démène pour effacer un break concédé très rapidement au quatrième. Le Fançais recolle, passe devant (4-3) et malmène Nadal sur son engagement. Mais, comme d'habitude serait-on tenté de dire, le tenant du titre sort ses meilleurs coups au bon moment. Il serre le jeu, oblige Mathieu à batailler sur chaque point et à jouer le coup de plus, le coup de trop. Il prend la forme d'un coup droit de Mathieu dans le filet à 4-4 15-40. Le break fatal est fait.
Le dernier jeu ne change rien. Rafael Nadal s'impose finalement 6-4. Il prouve une fois de plus qu'il faudra compter sur lui pour la Coupe des Mousquetaires cette année. Ses ressources mentales autant que physiques sont indéniables et quasiment uniques aujourd'hui. Il conclut sur une nouvelle attaque de coup droit repoussée derrière la ligne par PHM (6-4). Les deux hommes reçoivent l'ovation du public du Central, conquis par ces 4h53 de combat fantastiques. Et pendant que Nadal salue le public parisien, Mathieu, lui, pleure sa déception. Il n'est vraiment pas passé loin.